Maintenant je suis une mĂšre, je rĂȘve de la mienne mais elle est partie

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Pour ce qui semblait ĂȘtre la zillioniĂšme fois dans sa courte vie, je me suis retrouvĂ© Ă  regarder mon fils alors qu'il faisait encore une chose hilarante l'autre jour en pensant: «Je dois le dire Ă  ma mĂšre."

De telles pensées sont à la fois un cadeau et une malédiction, car bien sûr, je ne peux rien dire à ma mÚre.

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  • Elle est morte il y a plus de dix ans, bien avant que mon fils ne vienne m'amuser avec son petit dingue et ses drĂŽles de malapropismes. C'est le cancer qui l'a emportĂ©e, cette bĂȘte intransigeante qui frappe sans prĂ©venir et n'Ă©coute les appels et les aubaines de personne.

    Ceux d'entre nous qui ont subi une telle perte sauront le sentiment contradictoire qui se produit dans des moments comme celui-ci.

    Le souvenir de dire au revoir se revoit encore et encore, comme si quelqu'un prenait un scalpel minuscule sur la peau et pressait un pseudo superficiel dans sa surface. Pas assez pour faire couler beaucoup de sang, mais toujours assez pointu pour laisser la plus petite des cicatrices - elles miroiteront dans la bonne lumiĂšre, si vous savez oĂč regarder.

    Mais le bref oubli de la perte est un cadeau Ă  sa maniĂšre.

    Parce que pour les moments les plus infimes, si courts que ce n'est mĂȘme pas un souffle, mais la lĂ©gĂšre sĂ©paration des lĂšvres qui le prĂ©cĂšde, vous oubliez que la personne que vous avez aimĂ©e plus que quiconque est partie.

    Le temps, si Ă©lastique qu’il soit, s’étend jusqu’à vous entourer d’une bulle oĂč les nanosecondes donnent l’impression de vivre des annĂ©es.

    Le trou en forme de mÚre qui restait dans ma vie aprÚs sa mort a pris une forme sensiblement différente aprÚs que j'ai découvert que j'étais enceinte, et c'est devenu encore plus prononcé maintenant que mon fils est ici.

    Ma relation avec ma mÚre alors qu'elle était en vie était assez typique: je l'adorais quand j'étais petite, je me suis transformée en cauchemar odieux quand j'étais adolescente et au début de la vingtaine, nous avons commencé à nous comprendre et à devenir amis. Puis elle est morte. Surprise!

    Mais tout au long du traumatisme de l'adolescence et de la fracture caverneuse qu'il semblait se situer entre ma mÚre et moi, je me suis toujours tenu à une sorte de souvenir futur de sa présence lorsque j'aurais finalement eu un enfant.

    Nous savions tous qu'elle aurait pu faire une grand-mĂšre merveilleuse, mĂȘme si elle Ă©tait encore au milieu d'enfants.

    Elle en parlait avec un tel enthousiasme avec ma sƓur et moi, et il Ă©tait agrĂ©able pour nous deux de savoir qu'un soutien nous serait offert lorsque nous en aurions besoin.

    Sauf que ça ne l'était pas.

    Elle est morte bien avant qu'il y ait des petits-enfants Ă  rencontrer, et ma soeur et moi avons vĂ©cu notre grossesse sans le filet de sĂ©curitĂ© d'une mĂšre qui avait affrontĂ© avec nous le mĂȘme inconnu que nous Ă©tions en train de regarder nous-mĂȘmes.

    Il y avait tellement de choses que je voulais discuter avec elle, pas seulement à propos de l'état de grossesse, mais aussi des changements émotionnels qui se produisent lorsque vous décidez de donner une autre vie au monde.

    Je voulais m'asseoir avec elle autour d'une tasse de thé et lui demander de me raconter (à nouveau) l'histoire de ma naissance.

    Plus tard, aprĂšs avoir tout traversĂ© moi-mĂȘme, je voulais lui demander si elle ressentait The Fear lorsqu'elle regarda la minuscule crĂ©ature pour laquelle elle assumait dĂ©sormais une responsabilitĂ© aussi monumentale.

    Je voulais la regarder cĂąliner mon bĂ©bĂ© et sentir sa tĂȘte, lui faire un signe d'au revoir en lui faisant faire le tour du pĂątĂ© de maisons pour pouvoir dormir une heure, Ă©couter ses rires, alors qu'elle lui faisait des bĂȘtises et lui faisait face.

    Je voulais lui apprendre qu'elle s'appelait Grammy et voir son visage quand il l'a appelée pour la premiÚre fois.

    Je voulais - je veux toujours - pouvoir dire pardon. Qu'elle avait raison, que je ne comprendrais pas certaines choses avant de pouvoir le voir de son cÎté.

    «Je ne peux pas attendre que tu deviennes toi-mĂȘme une mĂšre», disait-elle lorsque je l'exaspĂ©rais ou que j'Ă©tais (encore) grossiĂšrement impolie.

    Mon fils et moi avons encore du chemin à faire avant la fin de l'adolescence, mais je peux déjà dire que je vais lui faire des excuses pendant longtemps.

    J'ai souvent lutté contre le ressentiment que je ressens envers d'autres femmes dont les mÚres sont encore en vie et si impliquées dans la vie de leurs enfants.

    Ce ressentiment devient particuliĂšrement toxique lorsque j'entends leurs plaintes - que leurs mĂšres ont trop d'opinions (tout en leur fournissant des soins gratuits), qu'elles les appellent trop souvent, qu'elles mettent leurs enfants dans des vĂȘtements qu'ils n'aiment pas et les achĂštent sucrĂ© traite Ă  manger.

    Bon sang, je voulais aussi pouvoir me plaindre de ma mÚre! (Une blague tordue, je ne doute pas qu'elle apprécierait.)

    Mais la vie n’est pas juste et nous persĂ©vĂ©rons malgrĂ© tout. J'ai trouvĂ© sans mĂȘme les chercher une collection d'autres mĂšres sans mĂšre.

    Nous les pleurons tous ensemble et offrons une sorte de paix et de connexion les uns aux autres lorsque leur absence est particuliĂšrement ressentie.

    C'est une façon de faire face, et c'est ce que les mÚres ont toujours fait, je suppose. Ils nous ont appris cela, comme ils ont fait tellement de choses. Nous ne sommes pas seuls, il se trouve. C'est une belle réalisation.

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